13 janvier 2011

I'm a « bookaholic »

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Mince, grâce à un topic de Livr@ddict, je suis tombée sur l'article suivant... Bizarrement, je m'y suis retrouvée... Allez savoir pourquoi XD

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Les bookaholics ne sont plus anonymes. 

Autant l’avouer d’emblée: j’appartiens à la catégorie des gens qui lisent la notice dans les ascenseurs. Non pour me renseigner sur les risques et périls de l’élévation mais par incapacité de voyager sans avoir à lire quelque chose. Rien à lire serait une perspective cauchemardesque. Mes semblables et moi ne traversons jamais la ville par les transports en commun sans un livre en poche, voire un journal, mais plutôt une revue ou un magazine en cas d’arrêt prolongé; pour tout déplacement en train, nous prévoyons deux livres, au cas où le premier nous tomberait des yeux; en avion, trois minimum car n’avoir rien à lire augmenterait considérablement l’angoisse d’un détournement assorti d’une interminable prise d’otages. Généralement, on nous dit avec une certaine condescendance que ça se soigne. Que l’abus de lecture nuit à la santé. Qu’il faut consommer les livres avec modération. Le temps de la honte est terminé.

Non qu’une «Lecteurs pride» ait été programmée par la Mairie de Paris, influencée par les religionnaires de la Princesse de Clèves qui la lisent sans discontinuer en tournant sur son parvis. Mieux encore: ayant pris acte de cette forme de dépendance à travers les nombreux sites internet qui s’en font l’écho, l’Association des libraires américains a révélé au début du mois lors de son congrès annuel qu’elle travaillait de concert avec l’Association des éditeurs américains, à rendre leur fierté à ce qu’on appelle désormais les «bookaholics», néologisme souvent utilisé pour les forcenés du travail, du sexe, du jardinage ou de toute autre activité. Plus nombreux qu’on ne le croit, ce sont tous des aventuriers qui auraient parcouru le monde à la recherche de la paix et de la félicité et ne les auraient trouvées qu’en lisant un livre assis sous un arbre.

Le bookaholisme se caractérise par le côté compulsif, obsessionnel, ininterrompu de la lecture. Libraires et éditeurs ont donc décidé d’en faire un concept positif, de le dépouiller de sa dimension pathologique par l’autodérision et de le détourner au profit de l’industrie du livre. Ils ont monté un groupe de travail avec des représentants de Random House (édition) et de WH Smith (librairie) afin de phosphorer sur la question. Jusqu’à présent, leurs premières séances ont été consacrées à l’invention d’un logo et d’un slogan. Tout les clichés y sont passés: «l’émotion portable», «Attention, ce livre entraîne une sévère dépendance»,  «Laissez vous accrocher par un livre» avec une préférence pour les jeux de mots tels que «Reading n’est pas qu’une ville du Berkshire» ou «La route de l’évasion», celle-ci étant assortie de «Book here» (réservez ici). Finalement, à court d’imagination, ils ont décidé de jouer franc jeu et de lancer une campagne sur le thème «I am a bookaholic». Tout simplement. Comme s’il s’agissait d’obsédés du chocolat ou du shopping. Il n’était pas de meilleure manière de rendre leur fierté aux légions de lecteurs non repentis tout près de s’inscrire aux «Bookaholics anonymes».

Il était temps. D’autant que les plus modernes d’entre nous, las des limites du papier, lisent désormais avec la même avidité sur des readers, kindle et autres écrans de poche. Ils ont toujours la lecture dans la peau. Mais cette fois en perfusion.

Article: Le Monde.fr

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Posté par Vozrozhdenyie à 13:48 - - Permalien [#]