29 septembre 2013

Apéro Polar #2

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Vendredi 27/09/2013, c'était le 2e apéro polar organisé par le Furet du Nord de Lille. Pour l'occasion, Anne Perry (AP), Laetitia Bourgeois (LB) et Guillaume Prévost (GP), tous les trois édités chez 10/18, étaient les auteurs invités. Petit compte rendu de la discussion.

1) Qu'est-ce que cela vous apporte d'écrire des histoires policières dans une autre époque?

AP: Son premier livre édité se passe à l'époque victorienne et comme il a bien marché, qu'il en soit ainsi. L'éditeur avait mis une option sur son prochain livre et donc elle a décidé de rester dans cette veine là.

LB: Le lecteur peut lire le roman policier comme il le souhaite. S'il veut s'immerger dedans, c'est possible. On peut tout y faire et cela donne une grande liberté.

GP: Le crime est une porte pour parler d'une époque, c'est un bon moyen pour parler d'histoire.

2) Anne Perry a écrit sur différentes périodes. Pourquoi la victorienne en particulier? Pourquoi avoir écrit certaines histoires pendant la 1e Guerre?

AP: Une histoire peut être bonne, et ce, peut importe la période choisie. Certaines sont plus fournies en drames et actions. C'est plus amusant de choisir une telle période. Pour la 1e Guerre, c'est la fin d'une histoire, les changements étaient dramatiques et les gens ont dû y faire face avec courage. Cela rend donc la période intéressante. La Révolution Française, quant à elle, a suivi une démarche: c'est la volonté du peuple de renverser un gouvernement pour mettre ensuite en place quelque chose de pire. C'est pour moi le plus passionnant.

GP: Il est fasciné par la 1e Guerre et plus particulièrement, par les années juste après celle-ci. C'est pour cela que ses livres se passent au lendemain de la 1e Guerre. Il est professeur d"histoire et enfant, il a vécu cette guerre à travers les récits de son grand-père. Récits qu'il a enregistré quand il avait 10 ans. Bien évidemment, ce que racontait son grand-père était édulcoré. S'intéresser à la 1e Guerre, c'est s'intéresser à l'homme car l'homme s'est découvert à travers cette guerre. Son premier livre parle des Gueules Cassées, des hommes qui ont dû se reconstruire et vivre avec cela.

3) Laetitia Bourgeois, de quand date cette passion pour le Moyen Age?

LB: Comment? Par hasard. Elle a été étudiante en histoire, elle a fait un mémoire de maîtrise là-dessus,... A force d'être dedans, les personnages sont apparus d'eux-mêmes. Ils sont devenus aussi vrais, réels que les voisins, les amis. Quand elle a commencé à écrire, la question ne s'est même pas posée.

4) Benjamin Parage (libraire au Furet), des personnes demandent-elles des livres avec une période bien précise?

BP: L'histoire par le roman policier devient intéressante, on apprend, on voyage dans le temps, c'est divertissant. Le crime est plus réaliste quand il se trouve dans un roman policier historique avec des personnes ayant vraiment existé.

5) Comment choisissez-vous de faire vivre une aventure à un personnage?

AP: Pour Pitt, il a été le héros du premier roman accepté, c'est donc un personnage auquel elle est attaché. Il est droit dans ses bottes et il faut le mettre dans des situations inconfortables pour le faire évoluer. Au début il est policier et il se contente de suivre les indices jusqu'au meurtrier pour le faire condamner. Ensuite, il choisit le destin de la personne. C'est une décision lourde à prendre et irrémédiable. Que la personne soit coupable ou innocente, il va en souffrir.

Monk, quant à lui, s'est réveillé à l'hôpital, sans souvenirs et il doit découvrir qui il est à travers les personnes qu'il va rencontrer. Il a aussi le choix de devenir quelqu'un, il peut se réinventer. C'est un privilège mais aussi une arme à double tranchant car on est responsable de qui on est, de ce qu'on fait. Il est aussi facile pour le lecteur de s'identifier à lui.

6) Barthélémy se retrouve dans une situation particulière (question pas notée en entier)

LB: On est tous un peu sadique, surtout le lecteur (lol). Dans ses histoires il y a un homme et une femme qui sont sur le même pied d'égalité. Pour s'accrocher à un personnage, il faut qu'il soit guide de l'époque dans laquelle il évolue, il faut qu'il ressente des choses sinon le lecteur passe au-dessus. Il est dur de s'attacher à un personnage dur, froid et distant.

7) Qui est François-Claudius Simon?

GP: Il y a une saga autour de ce personnage. C'est un orphelin, élevé dans un orphelinat normand. Il va retrouver sa mère qui ne veut pas le reprendre, ce qui entraîne un problème d'identité. Il n'est pas si orphelin que ça. Et c'est dur par rapport aux autres qui ont réellement perdus leurs parents. Il va ensuite se battre pendant la 1e Guerre et il veut donner un sens à sa vie par après en devenant policier (comme il n'est pas aussi bête que ça). Il entre dans la police à Paris et donne un sens à vie en donnant sens aux meurtres. Il doit aussi apprendre à répondre à ses propres questions.

8) Le roman parle aussi beaucoup de cinéma.

GP: En 1919-1920 le cinéma français est rattrapé par le cinéma américain. Les films de 20 à 30 minutes sont appelés Serials. Dans un de ses livres, il met en scène un meurtrier qui se sert de ce qu'il voit au cinéma pour commettre ses meurtres.

9) Anne Perry, combien de roman avez-vous écrit après celui qui vient de sortir (Une question de justice)?

AP: Le prochain Pitt, Death on Black Hills (?) et le prochain Monk, Blood on the water (?) sont déjà écrits ainsi que le prochain roman de Noël. Ses plans pour les livres suivants sont déjà faits. Par an elle écrit 1 Pitt, 1 Monk et 1 Noël. Pour cette année, il faut compter en plus 1 scénario, 1 déplacement en France et 5 aux USA! Elle court donc après le temps...

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10) Dans les livres d'Anne Perry, il y a une grosse partie consacrée au procès. Quel plaisir en retire-t-elle?

AP: C'est pour elle le drame ultime, la bataille pour la justice. Cela enlève les masques que les gens portent. On apprend réellement qui est qui.

11) Par rapport à votre dernier livre, Les assiégés du Mont Anis, on en apprend beaucoup sur la guerre au Moyen Age et en fait, tout ce que l'on croyait savoir s'effondre. On se trompe beaucoup.

LB: Quand on parle Moyen Age, les gens pensent aux joutes et aux sièges. En réalité il y a peut être eu 3 sièges et pas plus. De plus, c'était plutôt 4-5 personnes qui allaient incendier les granges des paysans du voisin. Dans son livre, ce sont des troupes démobilisées après la Guerre de Cent ans qui attaquent pour leur propre compte. Au final il n'y a que 5 morts. C'est peu et il n'y a pas de bain de sang mais à l'époque chaque vie comptait. Ce qu'elle a voulu retranscrire, c'est un vrai siège et la vraie anxiété que cela provoque... mais à échelle normale. 5 morts, ce n'était pas la norme, c'était exceptionnel.

12) Comment regardez-vous le nombre de lecteurs. Etes-vous surprise de cet engouement?

AP: Elle est impressionnée et reconnaissante. Les réactions des lecteurs ont une influence sur elle car elle ne veut pas décevoir ses lecteurs. Quand quelqu'un lit ses livres pour surmonter une épreuve difficile de la vie, c'est le plus grand encouragement qui soit. Elle se souvient d'une dédicace aux USA où une dame d'à peu près 40 ans qui semblait très malade lui a dit qu'elle devait absolument avoir son prochain livre pour une future période difficile à traverser. C'est donner quelque chose à ces personnes, leur enlever cette maladie ou ces tracas pendant un instant grâce à ses livres.

13) Anne Perry vit maintenant à Inverness près du Loch Ness. L'a-t-elle déja vu?

AP: Non, pas encore mais elle garde un oeil dessus ^^

Quelques photos maintenant =D (pour en voir plus, cfr album Facebook)

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Posté par Vozrozhdenyie à 13:44 - - Permalien [#]
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